Publié le 18 octobre 2024. À l’approche de la Journée internationale du cancer du sein, des initiatives se multiplient en Espagne pour souligner l’importance du soutien émotionnel et d’une approche personnalisée dans la prise en charge de cette maladie qui touche plus de 37 000 femmes chaque année.
- Une campagne de sensibilisation met en lumière les émotions complexes vécues par les patientes, de la peur à l’angoisse face à la rechute.
- Des professionnels de la santé insistent sur le rôle crucial des biomarqueurs et des nouvelles technologies pour une oncologie de précision.
- L’importance d’une prise en charge globale, incluant le bien-être physique et émotionnel, est au cœur des préoccupations.
Chaque année, plus de 37 000 femmes en Espagne reçoivent un diagnostic de cancer du sein, une épreuve qui dépasse largement les aspects médicaux pour impacter profondément la vie des patientes et de leurs proches. À l’occasion de la Journée internationale du cancer du sein, qui sera célébrée le 19 octobre, associations de patients, sociétés savantes et établissements de santé multiplient les actions pour sensibiliser et apporter un soutien adapté.
Au cœur de ces initiatives, la nécessité de reconnaître la complexité de cette maladie et de renforcer le message selon lequel le soutien émotionnel et une approche thérapeutique personnalisée sont essentiels pour accompagner les patientes tout au long de leur parcours.
Des statues prennent vie pour exprimer les émotions
Sous la devise Nous ne sommes ni faits de pierre ni seuls, une campagne percutante a été lancée par Lilly et la Fédération espagnole du cancer du sein (FECMA), avec le soutien de la Société espagnole d’oncologie médicale (SEOM), du Groupe d’investigation collaborative en oncologie (GEICAM) et de la Société espagnole de l’oncologie radio-thérapeutique (SOLTI). Une vidéo émouvante montre les statues emblématiques de Cibeles et de La Mariblanca prenant vie pour exprimer les sentiments que ressentent les femmes atteintes d’un cancer du sein : peur, tristesse, impuissance, angoisse face à la possibilité d’une rechute ou de métastases.
Cette initiative s’inscrit dans le mouvement « Entre nous » et s’accompagne d’un document préparé par la psycho-oncologue Marta de la Fuente, intitulé Univers d’émotions à haut risque de rechute et de métastases. Ce document identifie les émotions les plus fréquemment rencontrées lors des phases critiques de la maladie, explique comment elles se manifestent et propose des pistes pour les gérer. L’objectif est clair : créer des espaces d’écoute, valider les émotions des femmes et leur rappeler qu’elles ne sont pas seules dans cette épreuve.
« Chaque patiente est unique et son expérience est personnelle et intransférable. Mais de nombreuses émotions se répètent, surtout aux stades avancés : peur, frustration, incertitude, tristesse… Apprendre à les reconnaître et à demander l’aide d’un professionnel est essentiel pour affronter la maladie avec plus de force émotionnelle et une meilleure qualité de vie. »
Marta de la Fuente, psycho-oncologue
Nouvelles approches et voix dans « Le Fauteuil Rose »
Parallèlement, AstraZeneca a lancé la deuxième saison de sa campagne Le Fauteuil Rose, un projet qui donne la parole aux professionnels de la santé et aux patientes pour approfondir les défis posés par le cancer du sein et les avancées de l’oncologie de précision. Selon l’oncologue José Ángel García Sáenz, un nouveau cas de cancer du sein est diagnostiqué toutes les 15 minutes en Espagne et, bien que le taux de survie dépasse 85 %, des besoins importants subsistent, notamment en matière de cancer du sein métastatique.
La Dre Belén Pérez Mies, spécialiste en anatomie pathologique, souligne le rôle crucial des biomarqueurs tels que HER2, Ki67 ou BRCA, qui permettent de mettre en place des traitements « sur mesure », plus efficaces et moins toxiques. Le séquençage massif, la biopsie liquide et l’intelligence artificielle sont également des outils de plus en plus intégrés dans le diagnostic et le suivi des patientes.
« Le diagnostic de métastase est une information très sensible. Notre rôle est aussi d’humaniser la façon dont nous communiquons cette information et d’accompagner les patientes dans ce processus. »
José Ángel García Sáenz, oncologue
Prendre soin de soi, au-delà du traitement
La prise en charge globale et l’humanisation du traitement étaient également au cœur de la VIIIe Conférence « Ensemble contre le cancer », organisée par HM Hospitales dans l’Auditorium Reina Sofía de l’Hôpital HM Sanchinarro. Plus de 200 patientes ont participé à cette rencontre, qui a abordé l’immunothérapie, le suivi personnalisé et la prise en charge du bien-être physique et émotionnel.
Sous la devise Ensemble pour notre esthétique et notre santé sexuelle, des tables rondes et des ateliers ont été organisés sur la chirurgie reconstructive, l’image corporelle, la santé des os, la fertilité et la sexualité après traitement. Des ateliers pratiques, comme le maquillage oncologique, ont permis à plus de 30 femmes de renouer avec leur image et leur estime de soi.
« Bien vivre fait partie du rétablissement. Les soins doivent prendre en compte l’émotionnel, le psychologique et le social. Les patientes ont besoin d’informations claires, d’un soutien émotionnel et d’espaces pour partager leurs expériences. C’est aussi ça, la médecine. »
Eva Ciruelos, oncologue et coordinatrice de la conférence
Les campagnes de Lilly, AstraZeneca et HM Hospitals convergent vers une vision commune : le cancer du sein est une expérience de vie complexe qui nécessite une approche médicale personnalisée et une écoute attentive des besoins réels des patientes. De la peur de la rechute à la prise en charge de leur santé sexuelle, en passant par le besoin de se sentir comprises, les femmes s’expriment et revendiquent un modèle de soins de santé plus humain, plus précis et plus conscient que guérir ne se limite pas à éliminer une tumeur, mais aussi à redonner confiance et qualité de vie.
