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Budget fédéral : Bart De Wever accélère les négociations

Le Premier ministre belge Bart De Wever et les vice-Premiers ministres se sont réunis pour négocier un accord budgétaire pluriannuel visant un effort de dix milliards d'euros…

Budget fédéral : Bart De Wever accélère les négociations

Le Premier ministre belge Bart De Wever et les vice-Premiers ministres se sont réunis pour négocier un accord budgétaire pluriannuel visant un effort de dix milliards d’euros d’ici la fin de la législature en 2029.

Le temps presse pour le gouvernement fédéral belge. Entamée peu après 19 h ce mercredi, la réunion du comité restreint, ou kern, s’est prolongée jusque tard dans la nuit, prenant fin un peu avant minuit, pour tenter de débloquer les négociations sur le budget de l’État sous la conduite du Premier ministre Bart De Wever. Les partenaires de la majorité fédérale cherchent à boucler un plan d’assainissement de dix milliards d’euros pour respecter la trajectoire pluriannuelle fixée à l’horizon 2029.

Budget fédéral : Conner Rousseau réclame 1,5 milliard d’euros d’efforts aux grandes fortunes pour débloquer les négociations
Photo : RTBF

Un rythme quotidien imposé pour éviter les douzièmes provisoires

Pour accélérer la cadence, le gouvernement a pris une décision forte : le Premier ministre et les principaux ministres se réuniront désormais chaque jour, l’après-midi et en soirée, afin de parvenir à un accord. Cette accélération répond à la nécessité impérative de soumettre le texte au vote de la Chambre. Le processus parlementaire requiert environ deux mois, et bien des aspects peuvent encore faire dérailler le processus, ce qui place l’exécutif dans une course contre la montre pour faire entrer le budget en vigueur dès le mois de janvier.

En l’absence d’un accord validé à temps, la Belgique risquerait de basculer dans le régime des douzièmes provisoires, par lesquels les autorités ne peuvent dépenser chaque mois qu’un douzième du budget de l’année précédente, un scénario déjà vécu l’année précédente. Le Premier ministre Bart De Wever a d’ores et déjà indiqué qu’il refuserait un tel dénouement, tandis que le président de Vooruit, Conner Rousseau, a qualifié cette éventualité de situation qui n’est pas la fin du monde.

Pourquoi Bart De Wever n'a pas eu son accord? #rtbf #shorts

Tensions au sein de la majorité et exigence de justice fiscale

Les négociations se heurtent à des divergences idéologiques profondes entre les partenaires de la coalition, l’un étant nationaliste et conservateur, l’autre socialiste et progressiste. La semaine précédente, le vice-Premier ministre socialiste Frank Vandenbroucke avait freiné les discussions en déposant 78 pages de propositions détaillées qui n’avaient pas encore été examinées au sein du kern. Cette initiative a suscité la déception du président du CD&V, Sammy Mahdi, qui a rappelé que la charge d’intérêts de la dette publique belge s’élève actuellement à 1 300 euros par habitant. Ce montant, selon ses calculs, atteindra 2 000 euros d’ici la fin de la législature, et grimpera jusqu’à 3 000 euros en 2035 sans changement de cap.

À l’entame de la réunion, aucun participant n’a fait de commentaire, si ce n’est le ministre du Budget Vincent Van Peteghem (CD&V) qui s’est borné à dire : « Nous continuons à travailler ». De son côté, David Clarinval (MR) a commenté : « Nous verrons ce qu’il y a sur la table », tandis que Maxime Prévot (Les Engagés) s’est montré à peine plus disert en déclarant : « Nous allons voir ce que les derniers jours ont livré comme perspective ». Conner Rousseau pose quant à lui ses conditions pour débloquer les discussions, tout en affirmant refuser un saut d’index. Il réclame des efforts supplémentaires demandés aux grandes fortunes, exigeant que l’effort budgétaire soit chiffré avec la même rigueur pour les hauts patrimoines que pour les travailleurs et les pensionnés selon la position défendue par sa formation politique. Tout en maintenant une pression constante sur le chef du gouvernement, le dirigeant socialiste a exclu toute volonté de provoquer la chute de l’exécutif.

Budget fédéral : Bart De Wever accélère les négociations
Photo : Sudinfo

Mais on doit y arriver.

Conner Rousseau, président de Vooruit

Interrogé sur l’éventualité d’une crise gouvernementale, Conner Rousseau a également rejeté nettement cette issue en affirmant : Non, on doit éviter ça. On doit vraiment éviter ça.

Réformes des dépenses et impératifs macroéconomiques

Face à la gravité de la situation, le Premier ministre Bart De Wever souhaite maintenir le budget en conformité avec la norme européenne de dépenses, mais également éloigner la pression des marchés financiers, tout en voulant un filet de sécurité si la situation financière de la Belgique était menacée. D’autres figures de la majorité plaident pour des mesures drastiques. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a souligné que l’État est devenu trop lourd et inefficace, affirmant que Dire que la situation budgétaire est dramatique ou catastrophique doit amener à faire des réformes importantes dans les dépenses publiques tout en réitérant son refus catégorique de toute augmentation structurelle de la TVA dans les arbitrages en cours. Dans le même sens, le vice-Premier ministre Maxime Prévot a insisté sur la nécessité d’assumer des choix difficiles en raison de la situation macroéconomique, estimant que l’exécutif n’a plus le luxe de chercher à être populaire.

Les travaux se poursuivent ce jeudi avec l’examen approfondi des notifications du tableau budgétaire. Ce texte était sur la table des experts ces derniers jours.

Budget fédéral : Bart De Wever accélère les négociations
Photo : L'Avenir

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.