Home SantéDe plus en plus de preuves établissent un lien entre le VPH et les maladies cardiaques

De plus en plus de preuves établissent un lien entre le VPH et les maladies cardiaques

by Sophie Martin

Le virus du papillome humain (VPH), connu pour son rôle dans divers cancers, pourrait également augmenter significativement le risque de maladies cardiaques et coronariennes, selon une vaste étude présentée lors du congrès annuel de l’American College of Cardiology (ACC.25). Ces nouvelles données, issues de l’analyse de près de 250 000 patients à travers le monde, ouvrent une piste de recherche inédite sur les facteurs de risque cardiovasculaires.

L’étude a révélé que les personnes testées positives au VPH présentent un risque accru de 40 % de développer une maladie cardiovasculaire et un risque doublé de maladie coronarienne par rapport aux personnes négatives au virus. Ces résultats persistent même après avoir pris en compte des facteurs de risque traditionnels tels que le tabagisme, le diabète et les antécédents familiaux de maladies cardiaques.

« Notre étude démontre clairement une association entre le VPH et les maladies cardiovasculaires, » explique le Dr Stephen Akinfenwa, résident en médecine interne à la faculté de médecine UConn de Farmington, dans le Connecticut, et principal auteur de l’étude. « Le mécanisme biologique exact reste à déterminer, mais nous suspectons un rôle de l’inflammation chronique. L’objectif à terme serait de savoir si la vaccination contre le VPH pourrait contribuer à réduire le risque cardiovasculaire. »

Les chercheurs ont analysé les données de sept études menées entre 2011 et 2024, impliquant des cohortes de patients suivies pendant une période allant de trois à 17 ans. Ces études provenaient des États-Unis (trois), de Corée du Sud (deux), du Brésil et d’Australie.

Bien que l’étude n’ait pas mis en évidence de lien statistiquement significatif entre le VPH et l’hypertension artérielle, elle suggère que le VPH pourrait représenter un facteur de risque cardiovasculaire non conventionnel, expliquant potentiellement une partie des maladies cardiaques qui ne peuvent être attribuées aux facteurs de risque classiques. Environ 20 % des maladies cardiovasculaires ne sont pas entièrement expliquées par ces derniers, souligne le Dr Akinfenwa.

À ce stade, les cliniciens pourraient envisager une surveillance cardiaque plus étroite pour les patients dont le test VPH est positif, en complément des recommandations existantes pour les personnes présentant d’autres facteurs de risque cardiaque. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour approfondir la compréhension de ce lien et évaluer le potentiel de la vaccination contre le VPH dans la prévention des problèmes cardiovasculaires.

Le VPH est une infection virale courante transmise par contact intime, pouvant provoquer des verrues génitales et des cancers des organes génitaux, de l’anus et de la gorge. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains recommandent la vaccination contre le VPH pour tous les enfants et adolescents afin de prévenir les cancers associés à l’infection. Cependant, de nombreux adultes américains n’ont pas été vaccinés, car ils avaient dépassé l’âge recommandé lorsque le vaccin est devenu disponible en 2006.

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