Publié le 2024-02-29. L’éruption d’acné inattendue ou la perte de cheveux persistante pourraient être le signe d’un stress chronique, un fléau de la vie moderne qui affecte directement la santé de la peau et des cheveux. Des spécialistes mettent en avant l’importance d’une approche globale pour atténuer ces effets.
- Le stress chronique provoque des inflammations cutanées, accélère le vieillissement et déséquilibre la production de sébum.
- Des routines de soins axées sur l’hydratation profonde et l’utilisation d’actifs apaisants peuvent aider à renforcer la barrière cutanée.
- Plusieurs traitements dermatologiques, tels que les lasers et la mésothérapie, peuvent améliorer l’apparence et la santé de la peau affectée par le stress.
Le rythme effréné de la vie actuelle, source d’inquiétudes et de tensions constantes, laisse des traces sur notre apparence. De plus en plus de professionnels de santé reconnaissent l’impact direct du stress sur la peau et les cheveux, et préconisent des soins plus holistiques et fonctionnels.
Selon la cosmétologue médicale Eugenia Posente, il est crucial de renforcer la barrière cutanée tout en s’efforçant de réduire les facteurs de stress. Elle explique que les principaux effets du stress sur la peau se manifestent par des inflammations persistantes, favorisant l’apparition ou l’aggravation de l’acné, de la rosacée et de la dermatite. Le stress entraîne également une diminution du collagène et de l’élastine, ce qui accélère le vieillissement visible, ainsi qu’une augmentation de la production de sébum, déséquilibrant la peau.
Ces phénomènes sont directement liés à une augmentation soutenue du cortisol, l’hormone du stress. Lorsque ses niveaux restent élevés, la peau devient plus sensible, réactive et déshydratée.
La dermatologue Cyntia de los Santos souligne que le stress chronique perturbe l’axe cerveau-peau, augmentant la prédisposition à l’eczéma et à la dermatite. Il peut également exacerber des affections préexistantes telles que la rosacée, l’acné, le psoriasis, le vitiligo et d’autres pathologies auto-immunes. De plus, il accélère le vieillissement cutané et affaiblit les mécanismes de réparation immunitaire, favorisant ainsi l’apparition de maladies inflammatoires ou immunologiques.
Pour réduire l’impact du stress sur la peau, les deux spécialistes recommandent d’intégrer des routines de soins axées sur une hydratation profonde. Eugenia Posente conseille d’utiliser des actifs apaisants tels que la niacinamide, les céramides, la centella asiatica, le panthénol et la farine d’avoine colloïdale. Elle préconise également d’éviter les peelings agressifs ou les traitements irritants en période de poussée.
Elle recommande également l’utilisation de produits doux, sans parfums intenses, et de nettoyants respectueux de la flore naturelle de la peau. Il est possible, selon elle, d’appliquer des protocoles de fermeté stimulant la production de collagène sans provoquer d’irritation, comme la radiofréquence ou la mésothérapie (mais jamais pendant une poussée).
Cyntia de los Santos, qui dirige Montevideo Skin et prépare un diplôme en médecine fonctionnelle et longévité saine, insiste sur l’importance d’utiliser des nettoyants doux, des hydratants et des émollients quotidiens. Elle ajoute qu’il est essentiel d’éviter l’exposition au soleil pendant les heures les plus chaudes, de protéger la peau avec des vêtements, des chapeaux et de l’ombre, et d’appliquer une protection solaire appropriée.
En matière de traitements pour améliorer l’apparence et la santé de la peau fragilisée par le stress, la dermatologue évoque l’utilisation de lasers et de la Lumière Intense Pulsée (IPL) pour stimuler le renouvellement cellulaire, de la thérapie par la lumière rouge LED (anti-inflammatoire), de peelings doux, de la mésothérapie hydratante et de la radiofréquence.
Le stress chronique peut également influencer le déclenchement de différents types d’alopécie, ou de perte de cheveux. Les plus courants, selon Cyntia de los Santos, sont l’effluvium télogène et la pelade, qui peuvent toucher aussi bien les hommes que les femmes, et à tout âge.
Elle explique que les cheveux passent par trois phases de croissance : anagène (phase de croissance active, avec une racine profonde et ferme), catagène (phase de transition où le follicule commence à se rétracter) et télogène (phase de repos et chute des cheveux). Dans le cas de l’effluvium télogène, un grand nombre de cheveux passent soudainement en phase télogène, entraînant une chute rapide.
Cette chute apparaît généralement deux à trois mois après un événement stressant aigu, comme une intervention chirurgicale, un accident, un accouchement ou un deuil, et est généralement réversible.
L’alopécie areata, quant à elle, se manifeste par des zones de calvitie et peut affecter l’ensemble du cuir chevelu et les poils du corps. Elle est également généralement réversible, bien que cela dépende des pathologies associées, telles que des troubles thyroïdiens ou des maladies auto-immunes.
Concernant la calvitie, Cyntia de los Santos précise que l’alopécie androgénétique se caractérise par une miniaturisation progressive du follicule pileux. Le stress augmente les médiateurs inflammatoires et accélère ce processus. Il ne cause pas la calvitie, mais l’aggrave.
Pour stimuler la croissance des cheveux, la dermatologue recommande la mésothérapie capillaire (avec vitamines, minéraux, peptides), la technologie Regenera (technique ambulatoire consistant à extraire des cellules du bulbe pileux pour les réimplanter dans les zones d’alopécie), la thérapie laser de faible intensité (LLLT), le laser ablatif doux avec exosomes, le plasma riche en plaquettes (PRP) et le microneedling, effectués toutes les quatre à six semaines, seuls ou en association avec des exosomes.
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