Publié le 29 septembre 2025 10h05. Une nouvelle approche thérapeutique, basée sur l’utilisation d’un inhibiteur de JAK, s’avère prometteuse dans le traitement de la collagénose perforante réactive acquise (ARPC), une dermatose rare souvent associée à des maladies chroniques comme le diabète.
- L’étude de cas présentée rapporte une amélioration significative des lésions cutanées et des démangeaisons chez une patiente atteinte d’ARPC et de diabète de type 1, grâce au traitement par upadacitinib.
- Les inhibiteurs de JAK, déjà utilisés dans d’autres affections inflammatoires de la peau, pourraient offrir une nouvelle option thérapeutique pour les patients atteints d’ARPC réfractaire aux traitements conventionnels.
- La recherche suggère que la voie de signalisation JAK-Stat pourrait jouer un rôle clé dans la pathogenèse de l’ARPC, quel que soit le type de diabète associé.
La collagénose perforante réactive acquise (ARPC) est une maladie cutanée rare caractérisée par l’élimination anormale de fibres de collagène à travers la peau. Elle se manifeste généralement par des petites bosses ou des papules, souvent prurigineuses, qui apparaissent principalement sur les bras, les jambes, le dos, et parfois sur le visage et le cou. L’ARPC est fréquemment associée à d’autres problèmes de santé, notamment le diabète sucré, l’insuffisance rénale chronique et l’hypertension artérielle.
Jusqu’à présent, le traitement de l’ARPC s’est concentré sur le soulagement des symptômes, tels que les démangeaisons, et le contrôle des maladies sous-jacentes. Les options thérapeutiques incluent des crèmes hydratantes, des antihistaminiques, des traitements kératolytiques, certains antibiotiques (comme la doxycycline), des rétinoïdes, des corticostéroïdes et la photothérapie. Cependant, ces traitements ne sont pas toujours efficaces. Récemment, l’attention s’est portée sur les inhibiteurs de JAK, une classe de médicaments qui a montré des résultats encourageants dans le traitement d’autres maladies inflammatoires de la peau.
Une équipe médicale a récemment rapporté le cas d’une femme de 32 ans, atteinte d’ARPC et de diabète de type 1 depuis 17 ans, qui n’avait pas répondu aux traitements habituels. Après avoir obtenu son consentement éclairé, les médecins ont décidé de l’inclure dans un traitement expérimental avec de l’upadacitinib (15 mg par jour). Les résultats ont été remarquables : après seulement deux semaines, la plupart des lésions cutanées avaient disparu et les démangeaisons avaient considérablement diminué. Au bout de huit semaines, seules des zones d’hyperpigmentation post-inflammatoire et des cicatrices étaient encore visibles. L’amélioration s’est poursuivie au cours des 16 semaines suivantes, incitant l’équipe médicale à ajuster la dose à 15 mg tous les deux jours.
Les analyses de laboratoire ont révélé une glycémie légèrement élevée (hémoglobine glyquée à 6,7 %) et la présence de microalbumine dans les urines (30,60 mg/L). Les autres paramètres sanguins et les tests hépatiques et rénaux étaient dans les limites normales. L’examen histopathologique d’une biopsie cutanée a confirmé le diagnostic d’ARPC, montrant la présence de fibres de collagène dégénérées et d’une infiltration de cellules immunitaires dans la peau.
Cette observation est corroborée par d’autres études de cas récentes, qui ont également rapporté des améliorations significatives chez des patients atteints d’ARPC traités par différents inhibiteurs de JAK (upadacitinib, baricitinib et tofacitinib). Ces résultats suggèrent que ces médicaments pourraient bloquer les voies inflammatoires impliquées dans le développement de l’ARPC. Tableau 1 résume les cas rapportés dans la littérature.
Les chercheurs soulignent que la voie de signalisation JAK-Stat pourrait jouer un rôle important dans la pathogenèse de l’ARPC, en particulier chez les patients atteints de diabète. L’accumulation de produits finaux de glycation avancés, fréquente dans l’hyperglycémie chronique, pourrait activer cette voie et contribuer à l’inflammation et aux lésions tissulaires. Figure 1 illustre l’évolution des lésions cutanées chez la patiente traitée par upadacitinib, tandis que Figure 2 présente les résultats de l’examen histopathologique.
Bien que les résultats soient prometteurs, les auteurs insistent sur la nécessité de mener des études plus vastes pour confirmer l’efficacité et la sécurité à long terme des inhibiteurs de JAK dans le traitement de l’ARPC, en particulier chez les patients atteints de diabète de type 1. Une surveillance régulière des patients traités par ces médicaments est également recommandée, en raison de risques potentiels.
Déclaration d’éthique : L’approbation institutionnelle n’était pas requise pour ce rapport de cas conformément aux directives institutionnelles.
Déclaration de consentement : Un consentement éclairé écrit a été obtenu auprès de la patiente pour la publication des détails du cas et des images.
Divulgation : Les auteurs ne déclarent aucun conflit d’intérêts.
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