Publié le 8 octobre 2023. La Société espagnole de pharmacologie clinique (SEFC) plaide pour une meilleure reconnaissance et harmonisation de la spécialité en Europe, soulignant des disparités importantes dans la formation et la pratique.
- La SEFC demande la création d’un certificat européen en pharmacologie clinique pour garantir un niveau de compétence uniforme.
- Des projets européens, comme « Darwin », collectent des données réelles pour améliorer la pharmacovigilance et la recherche.
- L’intelligence artificielle et la médecine personnalisée sont identifiées comme des tendances clés pour l’avenir de la discipline.
Lors du récent congrès européen de pharmacologie clinique à Helsinki (Finlande), des experts ont mis en évidence le manque de reconnaissance et l’hétérogénéité des programmes de formation à travers le continent. Le Dr Joaquín Sáez-Peñataro, pharmacologue clinicien à l’Hospital Clínic de Barcelone et membre de la SEFC, a insisté sur la nécessité d’une approche plus cohérente.
« La formation en pharmacologie clinique en Europe est très hétérogène. Elle est largement reconnue comme une discipline académique, mais sa spécialisation médicale l’est moins. Seule une partie des facultés propose une évaluation pratique cohérente. »
Dr Joaquín Sáez-Peñataro, spécialiste en pharmacologie clinique à l’Hospital Clínic de Barcelone et membre du SEFC
Selon le Dr Sáez-Peñataro, 252 compétences clés ont été définies au niveau européen pour former des prescripteurs compétents, avec des modèles d’enseignement intégrés, des évaluations spécifiques et des ressources numériques partagées. Malgré ces efforts, des défis persistent, notamment en Espagne, où, bien que le pays dispose de centres d’excellence et d’une expertise reconnue, l’harmonisation reste un objectif.
La participation espagnole à des initiatives européennes de collecte de données réelles a également été soulignée. La Dre Lina Camacho Arteaga, pharmacologue clinicienne et responsable du programme de pharmacovigilance de l’hôpital universitaire Vall d’Hebron de Barcelone, a notamment mis en avant le projet « Darwin », qui rassemble des bases de données réelles. Elle a également mentionné les mises à jour des informations provenant de RTI Health Solutions, un réseau permettant de collecter des données conformes aux exigences de l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Le congrès a également été l’occasion de récompenser l’excellence scientifique. La Dre Camacho Arteaga a reçu le « Prix scientifique » de la Société européenne pour sa publication « Événements indésirables tardifs après une thérapie par cellules T par récepteur d’antigène chimérique pour les patients atteints d’un lymphome non hodgkinien agressif à cellules B », publiée dans JAMA. Cette étude, menée en collaboration avec d’autres spécialistes, dont la Dre Maria Antònia Agustí Escasany, présidente de la SEFC, analyse les effets indésirables des traitements par cellules CAR-T.
« Notre objectif a été d’analyser les effets indésirables que peuvent avoir les patients recevant un traitement avec des cellules CAR-T. »
Dre Lina Camacho Arteaga, pharmacologue clinicienne et responsable du programme de pharmacovigilance de l’hôpital universitaire Vall d’Hebron de Barcelone
Enfin, le Dr Mayro Cortés Pestana, interne en médecine interne et pharmacologie clinique à l’hôpital de la Santa Creu i Sant Pau de Barcelone, a identifié les tendances émergentes en Europe : l’utilisation de l’intelligence artificielle, la promotion de la recherche et du développement en médecine personnalisée (optimisation de la pharmacogénétique, développement de thérapies cellulaires CAR-T pour des pathologies auto-immunes comme le lupus érythémateux disséminé) et le développement d’essais cliniques basés sur des données réelles (RWD).
Pour le Dr Cortés, ces congrès sont essentiels pour rester à la pointe des connaissances pharmacologiques et identifier les nouvelles opportunités de collaboration en recherche translationnelle entre hôpitaux universitaires, agences réglementaires et centres de recherche européens.
