Home SantéLa santé rénale affecte les marqueurs sanguins d’Alzheimer mais pas le risque de démence

La santé rénale affecte les marqueurs sanguins d’Alzheimer mais pas le risque de démence

by Sophie Martin

Publié le 2025-11-26 15:00:00. Une étude menée à Stockholm révèle un lien entre la fonction rénale et la présence de biomarqueurs sanguins associés à la maladie d’Alzheimer, sans pour autant que la dégradation rénale soit une cause directe de la démence. Ces découvertes soulignent l’importance de considérer la santé rénale lors de l’interprétation des tests diagnostiques.

  • Une fonction rénale réduite est associée à des niveaux plus élevés de certains biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer dans le sang, notamment la protéine p-tau217.
  • La démence tend à se manifester plus tôt chez les personnes présentant à la fois une insuffisance rénale et des niveaux élevés de neurofilaments légers (NfL).
  • L’étude, portant sur près de 2 300 participants, a suivi des individus sans démence pendant une période moyenne de huit ans.

L’équipe de recherche, dirigée par Giulia Grande, maître de conférences au Karolinska Institutet et affiliée au Centre de recherche sur le vieillissement (ARC), s’est penchée sur l’influence de la fonction rénale sur les indicateurs biologiques de la maladie d’Alzheimer. Publiés dans la revue Neurology, les résultats de cette étude prospective menée auprès de 2 279 habitants de Stockholm, d’un âge moyen de 72 ans, apportent un éclairage nouveau sur les interactions complexes entre la santé rénale et le développement de la neurodégénérescence.

Les participants, initialement exempts de démence, ont été suivis pendant une période moyenne de huit ans. Durant cette période, des examens médicaux réguliers et des analyses sanguines ont permis de mesurer leur fonction rénale et de quantifier les niveaux de différentes protéines considérées comme des biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer. Parmi ces biomarqueurs figuraient les protéines tau phosphorylées (telles que p-tau217), les neurofilaments légers (NfL) et la protéine fibrillaire gliale acide (GFAP). Ces indicateurs sont de plus en plus utilisés pour détecter les premiers signes de modifications cérébrales liées à la neurodégénérescence.

L’analyse des données a révélé que les individus présentant une fonction rénale diminuée affichaient des concentrations plus élevées de la plupart des biomarqueurs étudiés, en particulier de la protéine p-tau217. Cependant, l’étude n’a pas établi de lien direct entre une fonction rénale réduite et un risque accru de développer une démence. Au contraire, les résultats suggèrent que la démence tend à se déclarer plus tôt chez les personnes présentant à la fois des niveaux élevés de biomarqueurs, notamment de NfL, et une insuffisance rénale.

Ces observations laissent entendre que la santé rénale pourrait moduler le moment de l’apparition des symptômes de la démence chez les individus présentant déjà des signes de changements neurodégénératifs dans le cerveau, sans pour autant être une cause première de la maladie. Les chercheurs soulignent donc l’importance de prendre en compte la fonction rénale lors de l’interprétation des résultats des tests sanguins utilisés pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, en particulier chez les personnes âgées.

Cette étude renforce la nécessité d’une approche globale et personnalisée dans l’évaluation des risques liés à la maladie d’Alzheimer, en tenant compte de l’ensemble de l’état de santé du patient.

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