Home MondeLe « commerce Takaichi » illumine la Bourse de Tokyo

Le « commerce Takaichi » illumine la Bourse de Tokyo

by Clara Dubois

Publié le 4 novembre 2025 à 00h34. L’arrivée de Sanae Takaichi au poste de Première ministre a déclenché une vague d’optimisme sur la Bourse de Tokyo, qui a connu une hausse spectaculaire en octobre, alimentée par les attentes d’une politique économique plus audacieuse.

  • La moyenne du Nikkei a franchi pour la première fois la barre des 50 000 yens le 27 octobre, clôturant à 52 411,34 yens le 31 octobre.
  • Cette envolée boursière, la plus importante jamais enregistrée en un seul mois (plus de 7 400 points), est attribuée à la confiance des investisseurs dans l’approche de Mme Takaichi en matière de politique budgétaire.
  • Les analystes soulignent la nécessité de surveiller l’évolution de la situation économique mondiale et la coordination entre la Banque du Japon et le gouvernement.

L’inauguration du nouveau cabinet dirigé par Sanae Takaichi a eu un impact immédiat sur les marchés financiers japonais. La Bourse de Tokyo (EST) a connu un mois d’octobre exceptionnel, porté par un regain de confiance des investisseurs, tant nationaux qu’étrangers.

Le 27 octobre, l’indice Nikkei a atteint un seuil symbolique en dépassant pour la première fois les 50 000 yens. Cette tendance haussière s’est poursuivie, avec une clôture à 52 411,34 yens le 31 octobre. Au total, le mois d’octobre a enregistré une augmentation de plus de 7 400 points de la moyenne de référence des cours boursiers, un record absolu.

Les investisseurs semblent particulièrement sensibles à la proposition de Mme Takaichi de mener une « politique budgétaire active et responsable », axée sur la relance de la croissance économique. Cette approche a ravivé l’intérêt pour les actions japonaises, longtemps considérées comme sous-évaluées. Ce phénomène est désormais surnommé le « commerce Takaichi ».

Si les attentes des investisseurs peuvent parfois être excessives, un marché boursier en pleine forme peut indéniablement stimuler l’économie. La véritable question est de savoir si cette dynamique positive se traduira par une reprise durable de l’activité économique réelle. Les compétences politiques de la Première ministre Takaichi seront donc mises à l’épreuve dans les mois à venir.

Sanae Takaichi répond aux questions des médias lors de sa première conférence de presse en tant que Première ministre, le 21 octobre. (©Cabinet Secretariat)

Facteurs favorables à la hausse du marché

Cette récente flambée boursière s’explique non seulement par l’arrivée de Mme Takaichi, mais aussi par un apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, ainsi que par les investissements croissants dans des secteurs porteurs tels que l’intelligence artificielle. Ces éléments combinés ont permis au marché de Tokyo de surperformer ses concurrents étrangers.

Il est cependant crucial que le Japon reste vigilant face à un éventuel emballement du marché. L’impact des tarifs douaniers imposés par l’administration Trump pourrait s’avérer plus important que prévu, affectant les exportations des entreprises japonaises.

Même après le sommet américano-chinois de Gyeongju, en Corée du Sud, des risques de nouvelles frictions commerciales persistent. La stagnation économique de ces deux grandes puissances pourrait également peser sur l’économie mondiale. Dans ce contexte, un optimisme excessif quant à l’avenir de l’économie japonaise serait déplacé.

Néanmoins, l’administration Takaichi a les moyens et le devoir de remettre l’économie sur la voie de la croissance durable.

Le sous-comité du Conseil central du salaire minimum s’est réuni au ministère de la Santé, du Travail et de la Protection sociale. (août 2025)

Vers une croissance durable et inclusive

Pour faire face à la situation actuelle où les augmentations de salaires ne suivent pas l’augmentation du coût de la vie, le gouvernement doit se concentrer sur des mesures visant à lutter contre l’inflation. Il est également essentiel de créer un environnement favorable aux investissements dans les secteurs d’avenir. Plutôt que de se contenter de dépenses publiques, il convient d’évaluer l’efficacité du budget, d’examiner attentivement les sources de financement et d’utiliser les fonds publics de manière judicieuse pour assurer une croissance à moyen et long terme.

Il sera également important de surveiller l’évolution de la relation entre la Banque du Japon et la Première ministre Takaichi en matière de politique monétaire. Alors que la BoJ envisage de nouvelles hausses de taux, Mme Takaichi se montre prudente quant à une augmentation des taux d’intérêt.

Il est important de souligner que tout retard supplémentaire dans la hausse des taux d’intérêt pourrait entraîner une nouvelle dépréciation du yen, ce qui pourrait à son tour faire grimper les prix des importations et accélérer l’inflation.

Lors de sa réunion du 30 octobre, la Banque du Japon a décidé de ne pas augmenter davantage les taux d’intérêt pour le moment, compte tenu de l’incertitude quant à la situation économique mondiale et de l’impact des tarifs douaniers imposés par l’administration Trump. Vous pouvez consulter le compte rendu de la réunion de politique monétaire.

La Banque du Japon a la responsabilité d’évaluer objectivement la situation économique réelle, et non les considérations politiques, et d’œuvrer à la stabilité des prix. Ce principe devra guider sa politique monétaire future.

Auteur: Comité de rédaction, Le Sankei Shibun

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