Publié le 5 décembre 2025 à 12h05. Le départ d’Alan Dye, responsable du design chez Apple, suscite l’espoir d’un retour aux sources en matière d’expérience utilisateur, après des années de critiques sur une esthétique privilégiant l’apparence au détriment de la fonctionnalité.
- Le départ d’Alan Dye, vice-président de la conception des interfaces humaines d’Apple, pour Meta est perçu comme une opportunité de réorienter la stratégie logicielle de l’entreprise.
- Les récentes décisions de design d’Apple, notamment l’« Île dynamique » et les bascules en « verre liquide », ont été critiquées pour leur manque de praticité et leur focalisation excessive sur l’esthétique.
- La nomination de Stephen Lemay, un ancien d’Apple connaissant bien l’entreprise, à la tête de l’équipe de design est accueillie favorablement par de nombreux observateurs.
Depuis quelques années, une certaine insatisfaction grandit parmi les utilisateurs d’Apple concernant l’évolution de ses logiciels. L’entreprise semble avoir mis l’accent sur des effets visuels spectaculaires et des animations accrocheuses, au détriment d’une expérience utilisateur intuitive et réellement fonctionnelle. Avec le départ d’Alan Dye pour Meta, de nombreux observateurs espèrent un changement de cap radical.
Il serait injuste d’imputer tous les problèmes logiciels d’Apple à M. Dye. Cependant, en tant que vice-président de la conception des interfaces humaines, il a défini le ton de l’ensemble de l’écosystème logiciel et a été responsable des décisions de design. Son départ est donc perçu comme une occasion de revenir aux jours de gloire du design d’Apple.
Les critiques à l’égard du design d’Apple sont fréquentes, au point que la question « Que ferait Steve Jobs ? » est devenue un mème. Pourtant, pour les fans de longue date, il est clair que quelque chose a changé au sein de l’entreprise en matière de conception.
Apple continue de produire des designs innovants, souvent copiés par ses concurrents, ce qui témoigne de son leadership. Un bon design se reconnaît intuitivement, même à première vue, et Apple parvient encore à créer cette impression. L’introduction du système de gestes par balayage sur l’iPhone X, auquel M. Dye a contribué, en est un exemple.
Néanmoins, pour chaque réussite, on a l’impression qu’Apple commet autant d’erreurs. L’« Île dynamique », par exemple, est visuellement impressionnante, mais améliore-t-elle réellement l’expérience utilisateur ? Certains estiment que sa principale qualité est d’être plus fonctionnelle que l’encoche qu’elle remplace.
Les icônes d’applications transparentes d’iOS 26 sont également source d’inquiétude. Les icônes doivent être immédiatement reconnaissables, même en un coup d’œil. Lorsque toutes les icônes se ressemblent et sont transparentes, cette fonction essentielle est compromise. Cette décision semble motivée uniquement par un souci esthétique, au détriment de l’expérience utilisateur.
Le pire exemple de cette approche, selon certains, est la nouvelle animation des bascules dans iOS 26. Une bascule doit permettre d’activer ou de désactiver une fonction rapidement. Dans iOS 26, l’animation de la bascule est lente et distrayante, transformant un outil simple en un élément visuel superflu. Apple semble privilégier l’apparence à la fonctionnalité.
Cette situation illustre un problème plus profond. Pendant des années, l’équipe de design d’Apple a été dirigée par une personne qui ne semblait pas comprendre la philosophie qui a sous-tendu les plus grands succès de l’entreprise. Comment expliquer, autrement, des choix de design déroutants et des fonctionnalités qui semblent motivées par des considérations superficielles ?
« L’un des objectifs de conception était que lorsque vous le voyiez, vous vouliez le lécher. »
Steve Jobs
Steve Jobs soulignait également que le design ne se limite pas à l’apparence. Il insistait sur l’importance de la fonctionnalité : « Le design, c’est la façon dont ça fonctionne. »
La présentation de « Liquid Glass » lors de la WWDC en juin 2025 a été particulièrement révélatrice. M. Dye a insisté sur les sensations que « Liquid Glass » devait susciter, mais n’a pas clairement expliqué en quoi ce nouveau système de conception constituait une amélioration fonctionnelle. Cette impression a été partagée par de nombreux observateurs, qui ont eu l’impression qu’Apple cherchait simplement à rafraîchir l’apparence d’iOS.
« Liquid Glass » a continué de susciter des critiques après son lancement. Le texte est illisible lorsque les panneaux de verre se chevauchent, les animations sont excessives et les contrôles sont confus. Tout cela semble découler d’une priorité donnée à l’apparence plutôt qu’à la fonctionnalité.
Alan Dye n’avait pas d’expérience préalable en conception de logiciels, son parcours professionnel étant davantage axé sur la mode (Kate Spade) et la publicité (Ogilvy).
La nomination de Stephen Lemay, un ancien d’Apple, est perçue comme un changement positif. Il est considéré comme quelqu’un qui comprend la culture d’Apple et les principes fondamentaux de la conception logicielle. John Gruber, un expert Apple de longue date, rapporte que de nombreux designers chez Apple sont « satisfaits, voire carrément étourdis » par cette nomination, soulignant son « souci du détail et son savoir-faire ».
L’espoir est que cette nomination marquera un retour aux valeurs qui ont fait le succès des logiciels Apple : une expérience utilisateur intuitive, une attention particulière aux détails et une passion pour les interfaces et les contrôles. Il est peu probable que ce changement se produise rapidement, mais avec un concepteur ancré dans des principes solides, les logiciels d’Apple pourraient retrouver leur chemin.
Et si cela signifiait la fin du bouton « Liquid Glass », tant mieux.
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