Publié le 16 décembre 2025 à 17h36. La Belgique renforce sa présence militaire en Lituanie face à une menace russe perçue comme imminente, selon les autorités lituaniennes, qui s’attendent à une confrontation avec l’OTAN. Le ministre de la Défense, Theo Francken, s’est rendu sur place pour constater la préparation des troupes.
- Plus de 200 soldats belges sont déployés en Lituanie dans le cadre d’une mission de l’OTAN visant à sécuriser le flanc oriental de l’alliance.
- Les autorités lituaniennes estiment qu’un conflit militaire entre la Russie et l’OTAN est désormais inévitable.
- Un soldat belge témoigne d’une atmosphère de préparation à la guerre de la part des forces lituaniennes.
Theo Francken, ministre de la Défense, et Frederik Vansina, chef de la Défense, ont visité mardi les troupes belges stationnées en Lituanie, après avoir rencontré Robertas Kaunas, le ministre lituanien de la Défense, ainsi que l’état-major lituanien. Cette visite intervient dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie et d’inquiétudes quant à la sécurité du flanc oriental de l’Europe.
La Belgique participe à la mission de l’OTAN en déployant plus de 200 soldats en Lituanie depuis l’été dernier. L’objectif est de renforcer la présence militaire de l’alliance sur son flanc oriental, en réponse aux actions de la Russie. Francken a souligné l’importance de cette région, qu’il a qualifiée de “région menacée”, et a constaté de visu l’intensité des entraînements.
Le ministre belge a pu mesurer l’ampleur de la menace russe telle qu’elle est perçue dans les pays baltes. Il a rappelé que Moscou n’a jamais accepté la perte d’indépendance des pays baltes en 1991, et que des responsables russes, comme Dmitri Medvedev, continuent de les désigner comme des “provinces baltes”. Francken a insisté sur la nécessité pour l’OTAN de faire preuve de fermeté face à ces revendications.
« Je suis ici depuis 2021 et les Lituaniens se préparent vraiment à la guerre. »
Soldat belge
Le contingent belge est basé au camp militaire de Rukla et fait partie d’un groupement tactique de l’OTAN composé d’environ 1 400 soldats, sous commandement allemand. Les militaires belges participent à des exercices conjoints avec les forces allemandes, norvégiennes, néerlandaises, luxembourgeoises et lituaniennes.
Un soldat belge a confié que l’atmosphère sur place évolue et s’éloigne des simples exercices d’entraînement. Son commandant a confirmé ce sentiment, soulignant que, selon les forces lituaniennes rencontrées, la question n’est plus de savoir si une invasion aura lieu, mais quand.
Le flanc est menacé
La Lituanie a également exprimé ses préoccupations concernant la sécurité de son flanc oriental lors d’un sommet qui s’est tenu mardi à Helsinki. Les dirigeants de huit pays d’Europe du Nord et de l’Est ont appelé à une action immédiate pour contrer la menace russe.
Dans une déclaration commune, les dirigeants de la Finlande, de la Suède, de la Lettonie, de la Lituanie, de l’Estonie, de la Pologne, de la Roumanie et de la Bulgarie ont souligné l’urgence de renforcer la défense du flanc oriental de l’Union européenne. Ils ont préconisé une approche opérationnelle, coordonnée et multidimensionnelle.
Plus précisément, ils ont plaidé pour un renforcement des forces terrestres, une meilleure protection contre les drones, une défense aérienne et antimissile accrue, ainsi qu’une protection renforcée des frontières et des infrastructures critiques, tant au niveau de l’UE que dans le cadre de la coopération avec l’OTAN.
© BELGA PHOTO NICHOLAS BARAS
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