Home SantéLes scientifiques découvrent de nouveaux gènes d’obésité qui remodèlent la compréhension du poids et du risque de maladie

Les scientifiques découvrent de nouveaux gènes d’obésité qui remodèlent la compréhension du poids et du risque de maladie

by Sophie Martin

Publié le 3 novembre 2025 à 02h15. Une étude internationale révèle de nouveaux gènes impliqués dans l’obésité et les maladies métaboliques, ouvrant la voie à des stratégies de prévention et de traitement plus personnalisées et équitables.

  • L’étude identifie 13 gènes associés à l’indice de masse corporelle (IMC), dont cinq n’avaient pas été précédemment signalés.
  • Les chercheurs ont analysé des données provenant de près de 840 000 individus de différentes origines ethniques.
  • Les découvertes pourraient permettre de mieux comprendre les mécanismes biologiques de l’obésité et de développer des interventions plus ciblées.

L’obésité touche désormais un adulte sur huit dans le monde, avec des conséquences importantes sur la santé, notamment un risque accru de diabète, d’insuffisance cardiaque et de troubles articulaires. Si les facteurs environnementaux jouent un rôle crucial, la génétique est également un élément déterminant, bien que les études antérieures aient été principalement menées sur des populations d’origine européenne, limitant leur portée et leur applicabilité à l’échelle mondiale.

Une équipe de chercheurs internationaux a donc entrepris de cartographier l’influence des variantes génétiques, à la fois rares et courantes, sur l’obésité et les maladies métaboliques. Leur travail, publié dans la revue Nature Communications, s’appuie sur l’analyse de données provenant de la Biobanque du Royaume-Uni (UK Biobank) et de la cohorte « Tous en santé » (N’enseigner rien), couvrant six ascendance continentales.

Les chercheurs ont identifié 13 gènes associés à l’IMC, dont des loci déjà connus comme le récepteur de la mélanocortine 4 (MC4R), la protéine cytomatrice présynaptique du basson (BSN) et la proprotéine convertase subtilisine/kexine de type 1 (PCSK1). Cinq associations n’avaient jusqu’à présent pas été signalées : le facteur de régulation du timing de réplication 1 (RIF1), le motif YLP contenant 1 (YLPM1), la protéine 1 interagissant avec Grb10 (GIGYF1), le membre 5 de la famille de porteurs de soluté (SLC5A3) et le récepteur métabotropique 7 du glutamate (GRM7).

L’étude a également révélé que les porteurs de variantes rares dans certains de ces gènes présentaient un risque accru de comorbidités cardiométaboliques. Par exemple, les porteurs de variantes dans BSN et GIGYF1 avaient un risque plus élevé de développer un diabète de type 2, tandis que les porteurs de variantes dans SLC5A3 présentaient un risque accru de reflux gastro-œsophagien (RGO).

Les analyses protéomiques ont permis d’identifier des liens entre ces gènes et des protéines plasmatiques impliquées dans la régulation métabolique. Ces découvertes pourraient ouvrir la voie à de nouveaux biomarqueurs et à des cibles thérapeutiques potentielles.

Les chercheurs soulignent l’importance d’une approche inclusive dans la recherche génétique sur l’obésité, afin de tenir compte de la diversité ethnique et de garantir que les découvertes soient applicables à l’ensemble de la population mondiale. Ils insistent également sur la nécessité de combiner l’étude des variantes rares à fort impact avec l’analyse de la charge polygénique commune, afin de mieux comprendre les mécanismes complexes qui sous-tendent l’obésité et les maladies métaboliques.

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