Les médicaments utilisés pour traiter le diabète de type 2 et de plus en plus prescrits contre l’obésité favorisent une perte de poids en ciblant principalement la graisse corporelle, et non la masse musculaire, selon une étude génétique menée par l’Université de Hong Kong. Ces résultats rassurent quant à l’impact de ces traitements sur la fragilité physique.
Largement utilisés pour réguler la glycémie chez les personnes atteintes de diabète de type 2, les agonistes des récepteurs du peptide-1 de type glucagon (GLP-1) ont également démontré une efficacité notable dans la lutte contre l’obésité. Leur action repose sur l’imitation d’une hormone naturelle qui stimule la production d’insuline, freine la libération de glucagon et ralentit la digestion, ce qui contribue à réduire l’appétit.
Cependant, des interrogations subsistaient quant à la manière dont ces médicaments entraînaient une perte de poids, mesurée généralement par l’indice de masse corporelle (IMC). Une diminution significative de l’IMC pouvait-elle se faire au détriment de la masse musculaire, avec des conséquences potentielles sur la force et la santé physique ?
Pour répondre à cette question, les chercheurs de l’Université de Hong Kong ont analysé les données génétiques de plus de 800 000 participants d’origine européenne. Ils se sont concentrés sur une variante génétique spécifique (rs877446) qui reproduisait les effets des agonistes GLP-1 sur l’IMC. L’étude a révélé que cette variante était associée à une réduction à la fois de la masse grasse et de la masse maigre.
Plus précisément, pour chaque unité de réduction de l’IMC, une diminution d’environ 7,9 kg de masse grasse a été observée, contre 6,4 kg de masse musculaire. Cela se traduit par une réduction globale du pourcentage de graisse corporelle d’environ 4,5 %. Ces chiffres confirment que l’action principale des agonistes GLP-1 est de cibler la graisse, plutôt que les muscles.
« Cette étude met en évidence l’intérêt d’utiliser la génétique pour mieux comprendre les effets des médicaments, en particulier lorsque les données cliniques sont limitées », explique le professeur Ryan Au Yeung Shiu-lun, de l’École de santé publique de l’Université de Hong Kong. « Les informations issues de la génétique peuvent nous aider à prendre des décisions éclairées concernant les traitements et leur impact sur la santé. »
Le Dr Dipender Gill, chercheur clinique à l’Imperial College de Londres, ajoute : « La disponibilité de vastes bases de données d’association génétique humaine nous permet d’obtenir des informations précieuses sur les effets des médicaments de manière rapide et économique. Cette approche peut éclairer d’autres études cliniques et améliorer les résultats pour les patients. »
L’étude a été menée conjointement par le professeur Ryan Au Yeung Shiu-lun et le Dr Dipender Gill, avec la participation de Liang Yiwen, doctorant, ainsi que des professeurs Eric Wan Yuk-fai, Luo Shan et Cheung Ching-lung.
Pour aller plus loin
