Publié le 2024-02-29 10:35:00. La douleur musculaire post-effort, longtemps attribuée à l’acide lactique, serait en réalité causée par de minuscules lésions musculaires et la réponse inflammatoire qui les accompagne, selon de nouvelles recherches menées par le Houston Methodist Hospital.
- La douleur musculaire n’est pas due à l’accumulation d’acide lactique, qui disparaît rapidement après l’exercice.
- Les douleurs tardives (DOMS) sont liées à des microdéchirures musculaires et à l’inflammation associée.
- Une augmentation progressive de l’intensité de l’exercice et des techniques de récupération active peuvent aider à réduire ces douleurs.
Pendant des années, l’acide lactique a été pointé du doigt comme le principal responsable des courbatures ressenties après une activité physique intense. Cette croyance, ancrée dans les pratiques sportives courantes, est remise en question par une équipe de spécialistes du Houston Methodist Hospital. Le Dr Corbin Hedt, physiothérapeute au sein de l’établissement, explique que l’acide lactique, bien que produit lors d’efforts anaérobies (sans oxygène), est éliminé du corps en moins d’une heure.
« Il s’accumule dans les muscles pendant l’exercice, et vous pouvez en avoir beaucoup après un entraînement intense. Mais en général, tout cet acide lactique disparaît en une heure environ. »
Dr Corbin Hedt, physiothérapeute
Alors, d’où vient cette sensation d’inconfort qui se manifeste généralement entre 24 et 72 heures après l’exercice ? Selon le Dr Hedt, il s’agit d’une réponse physiologique normale à des dommages mécaniques au niveau des fibres musculaires et des tissus environnants. Ces dommages se traduisent par de minuscules déchirures qui déclenchent une réaction inflammatoire, essentielle pour la réparation et le renforcement musculaire.
Cette douleur musculaire à apparition retardée (DOMS), comme on l’appelle, n’est donc pas un signal d’alarme, mais plutôt un signe que le corps s’adapte et se renforce. L’accumulation temporaire d’acide lactique pendant l’effort peut toutefois servir d’indicateur de l’intensité du travail musculaire et des zones nécessitant une attention particulière.
Pour atténuer ces sensations désagréables, les experts recommandent une approche progressive de l’entraînement, en augmentant graduellement la charge de travail. L’utilisation de techniques de récupération active, comme des étirements légers ou une marche à faible intensité, peut également être bénéfique. Des outils tels que les pistolets de massage et les rouleaux en mousse peuvent également aider à soulager la tension musculaire.
Cette nouvelle compréhension des mécanismes à l’œuvre derrière la douleur musculaire post-effort offre aux professionnels de la santé une base plus solide pour conseiller leurs patients et éviter les interprétations erronées. Elle confirme que la douleur n’est pas un ennemi, mais un indicateur précieux du processus d’adaptation et de renforcement du corps.
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