Home MondeTrump peut-il se concentrer suffisamment longtemps pour imposer la fin de la guerre à Gaza ?

Trump peut-il se concentrer suffisamment longtemps pour imposer la fin de la guerre à Gaza ?

by Clara Dubois

Publié le 13 octobre 2025 à 23h08. Donald Trump s’est déclaré garant de la fin des combats à Gaza, une annonce qui pourrait s’avérer décisive pour empêcher une reprise des hostilités, malgré les réserves israéliennes et la complexité des négociations.

  • Un accord de libération d’otages contre des prisonniers palestiniens, couplé à un retrait partiel des forces israéliennes, a été conclu.
  • Donald Trump a insisté pour que cet accord soit présenté comme une fin de la guerre, et non comme un simple échange d’otages.
  • La capacité de l’ancien président américain à maintenir la pression et à faire respecter cet accord sera déterminante pour sa pérennité.

La question du cadrage politique est primordiale, selon les observateurs. L’histoire que l’on raconte sur ses actions est aussi importante, voire plus, que les actions elles-mêmes. C’est pourquoi Benjamin Netanyahu a cherché à présenter l’accord conclu avec le Hamas comme un accord d’otages, plutôt que comme un arrêt des combats à Gaza. Cette stratégie a été appliquée de manière similaire lors du cessez-le-feu de janvier, où le terme même de « cessez-le-feu » était évité au profit d’une présentation axée sur la libération des otages.

Cette insistance sur la question des otages n’est pas purement stratégique. Pour de nombreux Israéliens, leur libération est une priorité absolue, un traumatisme national qui perdure depuis plus de deux ans. Sur la place des Otages à Tel Aviv, une femme a confié :

« La dernière fois que j’ai pu respirer profondément, c’était il y a plus de deux ans. Depuis, c’est comme un cauchemar sans fin. Et nous sommes tellement heureux [que les otages soient libérés]. Rien d’autre n’a d’importance. »

Au-delà du sentiment national, le Premier ministre israélien cherche également à préserver ses options politiques. Sur le plan technique, l’accord actuel se limite à une libération d’otages en échange de prisonniers palestiniens, accompagnée d’un retrait militaire israélien partiel. Le plan en 20 points de Donald Trump envisage un accord global pour mettre fin à la guerre et instaurer une « paix au Moyen-Orient » plus large, mais la première phase ne précise pas comment cet objectif sera atteint. De nouvelles négociations seront donc nécessaires.

Le principal obstacle résidait dans la garantie d’une fin définitive des combats. Le Hamas exigeait une fin permanente de la guerre en contrepartie de la libération des otages, tandis qu’Israël souhaitait conserver la possibilité de reprendre les opérations militaires. Trouver un compromis linguistique s’est avéré extrêmement difficile. Cependant, Donald Trump a réussi là où Joe Biden avait échoué : persuader le Hamas qu’il fera respecter l’accord et empêchera Netanyahu de relancer la guerre une fois les otages rentrés chez eux.

Cet engagement se reflète dans le texte même de l’accord, même si les termes utilisés ne sont pas juridiquement contraignants. L’accord est intitulé « Étapes de mise en œuvre de la proposition du président Trump pour une « fin globale de la guerre à Gaza » », et son premier point stipule que « le président Trump annonce la fin de la guerre dans la bande de Gaza ».

Lors de son déplacement prévu demain devant la Knesset, le parlement israélien, Donald Trump entend s’attribuer personnellement le mérite de cette fin de conflit, et non d’un simple accord de mise en œuvre. Il souhaite que l’on retienne que c’est son plan de paix qui a permis de mettre fin à la guerre. L’ancien président américain ne manque pas d’affirmer sa position. Il déclarera la victoire et annoncera que la guerre est terminée, une déclaration qui compliquera considérablement toute tentative de Netanyahu de relancer les hostilités.

Certains observateurs estiment que le Premier ministre israélien cherchait déjà une voie de sortie, d’autant plus qu’Israël s’apprête à entrer dans une année électorale. La guerre prolongée n’a pas contribué à améliorer sa popularité, bien qu’elle lui ait permis de maintenir son pouvoir grâce aux exigences de ses partenaires d’extrême droite et ultranationalistes. Cependant, satisfaire sa coalition et remporter une élection sont deux objectifs distincts. À un moment donné, il lui fallait une stratégie de désescalade.

L’accord négocié par Donald Trump lui en offre une. Ce n’est peut-être pas la victoire totale qu’il espérait, mais c’est une porte de sortie. La question cruciale reste de savoir si le président américain sera capable de maintenir son attention sur Gaza, alors que d’autres enjeux captent l’actualité. S’il continue d’exercer une pression constante et d’insister sur la fin de la guerre, cet accord pourrait tenir. Comme l’écrivait déjà un analyste en février concernant le dernier cessez-le-feu, sa pérennité dépendra de la volonté de Donald Trump de l’imposer.

Des manifestants applaudissent avec enthousiasme le retour des otages à la fin du rassemblement hebdomadaire « Bring Them Home » sur la place des otages, le 11 octobre 2025, à Tel Aviv, en Israël. L'accord de cessez-le-feu conclu cette semaine entre Israël et le Hamas a mis fin aux deux années de guerre qui ont suivi les attaques.
Les manifestants applaudissent à la fin du rassemblement hebdomadaire « Bring Them Home » sur la place des otages
Une vue des bâtiments détruits dans le quartier de Sheikh Radwan, dans la ville de Gaza
Une vue des bâtiments détruits dans le quartier de Sheikh Radwan, dans la ville de Gaza
Des gens participent à un rassemblement sur la place des Otages à Tel Aviv
Les gens sur la place des otages à Tel Aviv ont manifesté leur soutien à Donald Trump

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