Home SantéQuel est le nombre de pas quotidiens qui peuvent aider à retarder les symptômes de la maladie d’Alzheimer ?

Quel est le nombre de pas quotidiens qui peuvent aider à retarder les symptômes de la maladie d’Alzheimer ?

by Sophie Martin

Publié le 2025-11-08 07:00:00. Une nouvelle étude révèle que même une activité physique modérée, comme la marche, peut considérablement retarder le déclin cognitif lié à la maladie d’Alzheimer, offrant ainsi une lueur d’espoir pour la préservation de la santé cérébrale avec l’âge.

  • Marcher entre 3 000 et 7 000 pas par jour peut retarder le déclin cognitif de plusieurs années.
  • L’étude a observé une accumulation plus lente de la protéine tau chez les participants les plus actifs.
  • Les bénéfices semblent plus importants lorsqu’une activité physique régulière est maintenue tout au long de la vie.

Des chercheurs de la Harvard Aging Brain Study ont mis en évidence le rôle crucial de l’activité physique dans la protection du cerveau contre les effets du vieillissement et de la maladie d’Alzheimer. Publiée dans la revue Nature Medicine, cette étude, relayée par Le Washington Post, apporte des éléments encourageants pour la prévention de la détérioration cognitive.

L’enquête, menée auprès d’environ 300 seniors sans démence au début du suivi, a révélé que même de modestes augmentations de l’activité physique quotidienne pouvaient avoir un impact significatif. Les participants marchant entre 3 000 et 5 000 pas par jour ont réussi à retarder le déclin cognitif de trois ans par rapport à ceux qui marchaient moins. Ceux qui atteignaient 5 000 à 7 000 pas par jour ont bénéficié d’un délai moyen de sept ans dans la progression des symptômes.

Selon le Dr Wai Ying Wendy Yau, neurologue cognitif au Mass General Brigham et directrice de l’étude, l’importance de l’activité physique ne doit pas être sous-estimée.

« Si vous êtes sédentaire, même une activité modeste pourrait contribuer à ralentir ce processus. »

Wai Ying Wendy Yau, neurologue cognitif au Mass General Brigham

L’étude a également mis en évidence une corrélation entre l’activité physique et une accumulation plus lente de la protéine tau, une substance qui, lorsqu’elle s’accumule, perturbe la communication entre les cellules cérébrales et est associée à la progression de la maladie d’Alzheimer.

Les participants à l’étude, âgés de 50 à 90 ans et ne présentant ni démence ni troubles de la mémoire au début de l’étude, ont subi des examens d’imagerie cérébrale pour mesurer la présence de bêta-amyloïde et de tau. Ils ont également porté un podomètre pendant une semaine afin d’enregistrer leur nombre quotidien de pas. Le suivi a duré environ neuf ans, permettant aux chercheurs d’analyser la relation entre le nombre de pas, les modifications cérébrales et l’évolution des capacités cognitives et fonctionnelles des volontaires.

Bien que l’étude ne démontre pas de lien de causalité direct, les experts estiment que l’activité physique régulière pourrait protéger le cerveau par plusieurs mécanismes, notamment en améliorant le flux sanguin cérébral ou en réduisant l’inflammation. Des analyses d’études antérieures sur des animaux ont d’ailleurs montré que l’exercice pouvait ralentir la progression de la maladie, bien que les résultats chez l’homme restent à confirmer.

Jean Thyfault, directeur du KU Diabetes Institute, souligne que les habitudes d’exercice prises tout au long de la vie semblent avoir un effet plus important sur la prévention ou le retardement de la maladie d’Alzheimer que les programmes d’activité physique à court terme chez les personnes présentant déjà des troubles cognitifs légers.

Les auteurs de l’étude reconnaissent certaines limites. Le podomètre utilisé ne mesurait que le nombre de pas, sans distinguer la marche de la course, ni l’intensité, la durée ou le rythme de l’activité. De plus, aucune information n’a été recueillie sur d’autres types d’exercices, tels que la musculation ou la natation. L’échantillon était également composé principalement de personnes blanches, non hispaniques et ayant un niveau d’éducation élevé, ce qui limite la généralisation des résultats à d’autres populations.

Ronald Petersen, professeur de neurologie à la Mayo Clinic, a souligné dans des déclarations à Le Washington Post la nécessité d’être prudent lors de l’interprétation de ces résultats, car les mécanismes exacts par lesquels l’exercice influence la santé cérébrale restent encore inconnus.

Au-delà de la marche, d’autres formes d’activité physique pourraient également être bénéfiques pour le cerveau. Les spécialistes consultés par Le Washington Post s’accordent à dire que toute augmentation de l’activité physique quotidienne peut être précieuse, en particulier pour les personnes ayant un mode de vie sédentaire. Le Dr Yau encourage ses patients à considérer que « chaque pas dans la bonne direction contribue à la santé du cerveau ».

Bien que l’étude ne permette pas de fixer un nombre précis de pas applicable à l’ensemble de la population, la recommandation de marcher entre 3 000 et 7 000 pas par jour est présentée comme un objectif réalisable et étayé par des preuves pour ceux qui souhaitent protéger leur mémoire et leurs fonctions cognitives en vieillissant. Augmenter le temps consacré à la marche et à l’activité physique peut non seulement retarder les symptômes de la maladie d’Alzheimer, mais apporte également de nombreux bénéfices pour la santé générale, sans effets indésirables connus.

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