Publié le 2026-01-07. Le cancer, une maladie silencieuse qui progresse en Colombie, est souvent diagnostiqué trop tard, selon une spécialiste qui alerte sur l’augmentation de cinq types de cancers particulièrement agressifs.
- Cinq types de cancer sont responsables de la moitié des nouveaux cas chaque année en Colombie.
- Le diagnostic tardif est un défi majeur, compromettant les chances de guérison.
- La détection précoce, grâce à des examens réguliers, est essentielle pour améliorer le pronostic.
Le cancer représente un enjeu de santé publique croissant en Colombie. Des centaines de milliers de personnes vivent avec un diagnostic oncologique, et des dizaines de milliers de nouveaux cas sont recensés chaque année. Les experts prévoient une aggravation de la situation, en raison du vieillissement de la population et de l’adoption de modes de vie de plus en plus sédentaires et peu favorables à la santé.
Selon Rosalba Ospino, « beaucoup de ces cas sont détectés lorsqu’il est trop tard », une réalité alarmante qui souligne l’urgence d’améliorer les stratégies de dépistage et de sensibilisation.
Les cancers les plus préoccupants
Les statistiques nationales révèlent une tendance inquiétante : le cancer du sein, de la prostate, du poumon, du côlon, du rectum et de l’estomac concentrent la majorité des cas et des décès liés au cancer en Colombie. Si ces cancers affectent différemment les hommes et les femmes, ils ont tous en commun un impact dévastateur sur les familles et le système de santé.
Chez les femmes, le cancer du sein est la première cause de décès par cancer. Chez les hommes, c’est le cancer de la prostate qui occupe cette place. Ces deux cancers ont la particularité de progresser silencieusement pendant des années, ce qui retarde souvent le diagnostic et complique le traitement.
La détection précoce peut faire une différence significative dans le traitement du cancer. Photo:iStock
Le cancer du poumon reste l’un des cancers les plus mortels, touchant les deux sexes. Il est fortement lié au tabagisme, mais également à l’exposition aux polluants environnementaux. Les cancers colorectaux et gastriques continuent également de représenter un fardeau important pour la santé publique en Colombie.
Rosalba Ospino insiste sur le fait que, malgré leurs différences, tous ces cancers ont un point commun : ils peuvent tous être détectés à un stade précoce.
« Tout le monde peut être détecté à temps »
Rosalba Ospino
Dépister avant qu’il ne soit trop tard
La détection précoce est un outil puissant pour réduire la mortalité liée au cancer. La mammographie permet de détecter les anomalies du sein avant l’apparition de symptômes. Pour le cancer de la prostate, les tests PSA et l’examen rectal permettent d’évaluer l’état de la glande prostatique.
Le cancer colorectal peut être détecté grâce à des tests simples comme la recherche de sang occulte dans les selles et, à un stade plus avancé, par une coloscopie, qui peut même prévenir la maladie en retirant les polypes précancéreux. Chez les femmes, la cytologie et les tests HPV sont essentiels pour réduire la mortalité due au cancer du col de l’utérus.
Consulter régulièrement un médecin permet d’agir rapidement face à la maladie. Photo:Action
Pour les personnes à risque élevé de cancer du poumon, en particulier les fumeurs actuels ou anciens, la tomodensitométrie thoracique à faible dose s’est avérée efficace pour détecter la maladie à un stade précoce, avant même l’apparition des symptômes.
“Consulter le médecin au moins une fois par an dans le but précis de faire des examens préventifs est essentiel”
Rosalba Ospino
. Il ne s’agit plus d’une réaction à la douleur, mais d’une décision proactive en faveur de sa santé.
Quand le corps envoie des signaux
Le corps donne généralement des signes avant-coureurs, même si on ne les perçoit pas toujours. Une perte de poids inexpliquée, une fatigue intense, des saignements anormaux, des changements persistants dans les habitudes intestinales ou une toux qui ne guérit pas peuvent être des signaux d’alerte nécessitant une consultation médicale.
La prévention ne se limite pas aux examens. Éviter le tabac, modérer sa consommation d’alcool, adopter une alimentation riche en fruits, légumes et fibres, pratiquer une activité physique régulière et se faire vacciner contre le VPH sont autant de mesures qui peuvent réduire le risque de développer plusieurs types de cancer.
Adopter un mode de vie sain contribue à réduire les risques de maladies. Photo:ACTION
En définitive, le message est clair : prendre soin de sa santé, ce n’est pas agir par peur, mais par information. Dans un pays où un diagnostic tardif continue de faire la différence entre la vie et la mort, la connaissance devient une forme de protection.
MARIA PAULA LOZANO
EN ÉCRIVANT GAMME NUMÉRIQUE
