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L’Allemagne s’engage à verser 1 milliard d’euros au Fonds mondial pour les forêts tropicales du Brésil

by Clara Dubois

Publié le 26 novembre 2023 18h49. L’Allemagne s’engage à verser un milliard d’euros sur la prochaine décennie au nouveau Fonds mondial pour les forêts tropicales (TFFF), un mécanisme inédit destiné à récompenser les efforts de conservation et à sanctionner la déforestation à l’échelle internationale. Cette annonce intervient lors de la conférence de l’ONU sur le climat à Belém, au Brésil.

  • L’Allemagne contribuera financièrement au TFFF avec un engagement de 1 milliard d’euros (1,15 million de dollars américains).
  • Le TFFF, initié sous la présidence de Luiz Inácio Lula da Silva, lie directement les performances environnementales, mesurées par satellite, à des incitations et des pénalités financières.
  • Plusieurs pays, dont la Norvège, le Brésil et l’Indonésie, ont déjà promis des contributions financières au fonds, qui pourrait atteindre 125 milliards de dollars à terme.

Ce soutien allemand, salué par la ministre brésilienne de l’Environnement Marina Silva comme étant essentiel au lancement de cette structure internationale, vise à encourager la protection des forêts tropicales, considérées comme les « poumons de la planète ». « Il s’agit de protéger les forêts tropicales humides, les poumons de notre planète », ont déclaré les ministres allemands de l’Environnement, Carsten Schneider, et du Développement, Reem Alabali Radovan, dans un communiqué commun. Ils ont souligné le lien étroit entre la sauvegarde des forêts tropicales, la stabilité climatique mondiale, la biodiversité et le développement des régions forestières.

Le TFFF, conçu pour pallier les lacunes du financement climatique actuel – notamment le manque de prévisibilité et l’absence de mécanismes de contrôle – prévoit de verser des paiements aux pays qui maintiennent ou améliorent leur couverture forestière tropicale, tout en imposant des amendes aux pays où la déforestation s’accentue. Ces amendes seront calculées en fonction du nombre d’hectares perdus. Le Brésil estime que le fonds pourrait distribuer environ 4 milliards de dollars par an une fois pleinement opérationnel, après une phase de montée en puissance.

Outre l’Allemagne, la Norvège a déjà promis une contribution de 3 milliards de dollars sur dix ans, tandis que le Brésil et l’Indonésie se sont engagés à verser chacun 1 milliard d’euros. Les membres fondateurs du TFFF incluent également la Colombie, le Ghana, la République démocratique du Congo et la Malaisie. L’initiative sera gouvernée par un conseil d’administration de 18 membres, assurant une représentation équilibrée entre les pays forestiers et les pays donateurs. La Banque mondiale assurera initialement l’administration du fonds.

Jusqu’à 70 pays en développement pourraient être éligibles à un financement, à condition qu’au moins 20 % des ressources soient allouées aux populations autochtones et aux communautés traditionnelles. Lors de son lancement officiel, 53 pays, dont 19 potentiels investisseurs, avaient déjà exprimé leur soutien. Les responsables allemands ont insisté sur le caractère pluriannuel de leur contribution, afin de garantir la stabilité de la planification à long terme et de témoigner de leur confiance dans un système fondé sur des règles et à portée mondiale.

L’administration Lula considère que la stabilisation de la perte des forêts tropicales est indispensable pour atteindre les objectifs climatiques internationaux. Marina Silva a précisé que cette initiative vise à lier la conservation aux priorités de développement économique et de gouvernance, notamment en matière de sécurité et de droits des populations autochtones. Le TFFF, selon les autorités brésiliennes, ne se substitue pas aux outils existants, tels que le Fonds Amazonie, mais les complète en élargissant l’éligibilité et en appliquant des critères de performance plus rigoureux.

Pour les investisseurs et les entreprises, le recours à la vérification par satellite et aux sanctions financières du TFFF devrait influencer les réglementations relatives aux risques forestiers et les attentes en matière de chaînes d’approvisionnement, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’exploitation minière, de la finance et des biens de consommation. Les entreprises pourraient être soumises à une pression accrue pour aligner leurs activités sur les nouvelles normes internationales émergentes.

Les responsables allemands et brésiliens présentent ce mécanisme comme une étape vers une gouvernance forestière mondiale plus structurée. En liant le financement à des résultats mesurables, le TFFF ambitionne de soutenir les régions tropicales qui jouent un rôle crucial dans la régulation des températures, des précipitations et de la biodiversité. Le Brésil a réaffirmé que l’acheminement des ressources vers les communautés autochtones et traditionnelles demeure essentiel pour prévenir toute nouvelle dégradation.

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